Mais la vitrine est aussi celle du magasin de disque, de la mercerie dont nous ne savons plus très bien ce qu’elle vend, de la ciergerie, du magasin de tissus aux motifs seventies, ou d’une vitrine d’un entrepôt en travaux. Ces mises en espace improbables d’objets en tout genre, artefacts d’oeuvre d’art pour nos regards déformés « font exposition ». Cette co-présence de l’oeuvre et du spectateur permet un focus dans un espace d’exposition sur mesure pour l’oeuvre : une in-excroissance à volume variable, voire une implémentation architecturale. Ce nouveau programme intervient dans les interstices de la programmation. Son premier épisode s’illustre par un choix dans la collection du Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes.
    Toutes empreintes d’humour et de dérision, les œuvres d’Alain Séchas (dessins et sculptures) mettent en scène des personnages : Chats, Martiens, Eléphants et autres figures d’un bestiaire plutôt sympathique, dont l’anthropomorphisme simple et efficace ajoute à l’empathie qu’elles développent chez le spectateur. Figés, comme surpris dans des situations pas toujours très confortables voire suspectes (en flagrant délit de voyeurisme, en plein massacre au fusil à pompe, ou dans des moments plus intimes de confidence ou de rêverie), ses personnages incarnent ces instants décisifs et parfois tragiques qui président au choix d’une existence humaine. Sans aucun moralisme, mais avec lucidité et humanisme, Alain Séchas renvoie chacun à ses propres démons comme à sa part de responsabilité.     Dans ses œuvres, l’artiste utilise, pour leur efficacité et leur simplicité, les techniques stylistiques du dessin satirique (recours au gag, à la figure animalière, au trait dynamique et précis de la caricature) en tant que stratégies artistiques. Se lisant au premier degré comme une «bonne blague», ces œuvres questionnent les thèmes d’actualités et les comportements sociaux symptomatiques de notre époque et renvoient à une réflexion sur l’individu et sa place dans la société.


>> Ici, il se joue avec humour de l’idée préconçue que l’on se fait de l’artiste (un type bizarre, un pornographe ?) en le représentant sous la forme d'un extra-terrestre, en petit homme vert obsédé par le sexe (clin d’œil à la figure du modèle, ainsi qu'à notre propre voyeurisme) laissant échapper ses fantasmes de son carton à dessin.
notice : Isabelle Delamont, FRAC Poitou-Charentes

Le Martien (Carton à dessin), 2000, polyester, peinture acrylique,
dessins, 133 x 53 x 55 cm, Collection FRAC Poitou-Charentes


beau window
Alain Séchas
Vernissage vendredi 1er février à 19h00
Exposition du 4 février au 28 mars
Entrepôt-vitrine
De 12h à 18h du lundi au vendredi
et les soirs de concert
ENTREE LIBRE


Sources : Confort Moderne