Ai Yazawa est une dessinatrice représentative des nouvelles tendances du shôjo manga. Son trait se reconnaît désormais entre mille : ses personnages sont des fils de fer en plan large avec de longues jambes et des bras à perte de vue.
Un style allongé renforcé par leur look, portant bagues, boucles d’oreilles, piercings et vêtements de marque.
Cependant, les gros plans des visages sont fins et réalistes et retranscrivent admirablement les différentes émotions submergeant les protagonistes.
Un style qui n’apparaît pas au début de sa carrière!
Ces petits plus parviennent à définir la personnalité des héros et à les rendre uniques. Son coup de crayon pourrait paraître rébarbatif mais son esthétique déroute, elle travaille l’expressivité des regards, des gestes et du langage corporel en libérant le traitement des passions.
Une autre caractéristique de la mangaka est son humour. Les personnages ne se prennent pas au sérieux et descendent facilement de leur piédestal au travers de caricatures.
La mélancolie et la tristesse font également partie du monde des personnages. On retrouve les peurs et les doutes, les idées et les ambitions, les contraintes d’une réalité gérées par ses personnages.
Et, c’est sans doute l'universalité de ces sentiments qui fait le succès de l'auteur.



Success story

Le monde de Ai Yazawa défile et minaude dans le milieu de la mode ; il pulse et se déhanche dans l’univers de la musique et il se déchaîne sur la complexité des rites amoureux.
Un seul prénom qui fait parler de lui tel le portrait envoûtant de La Joconde.
Mais qui sont véritablement ces deux nanas qui déambulent, femmes fatales ou femmes enfants, à travers ces rues créent pour elles?
Deux entités qui se complètent par leurs différences. L’une est ambitieuse, rock & roll et égoïste ; l’autre est naïve, irréfléchie et possédée (par le roi des démons). Le tout s’assemble tel un puzzle aspiré par la folie du show "à la Ai Yazawa"... un show amoureux qui ne cesse de croître au fil des volumes.
Tout ceci amène parfois à perdre le fil de la véritable histoire : la relation entre les deux « Nana ».
Tout n’est que non-dit et réflexion instantanée, ce manga nous embarque trop souvent dans un coin aseptisé du japon contemporain.
Paresse, luxure, gourmandise, avarice, envie, orgueil et colère : sept mots (chiffre fétiche du manga) qui définissent un manga qui peut en faire trop. Et, à trop pécher, on tue le succès.
D’ailleurs, les volumes 17 et 18 ont eu tendance à m’endormir plus qu’à me captiver.
Quoi qu’il en soit..... J’ACHETE !


Alors, me direz-vous : pourquoi, pourquoi, pourquoi ???
Parce que je suis dingue de ce manga comme je suis accro à la cigarette, à cette tablette de Milka chocolat, à ce mec qui me fait tourner en rond ou à ce pull atroce que je porte depuis mes 12 ans.
Tout simplement, on ne résiste pas à ce qui peut être mauvais pour notre petit cœur.
Qu'on se le dise, ce manga amène à la crise cardiaque des sentiments!
Cependant, l’histoire n’est pas qu’une simple romance pailletée, il s’agit d’un univers composé de personnages complexes porteurs d’un passé spécifique (comme tout un chacun). Mais un semblant de sophistication englobe ce succès.
Après cette brève analyse, je me rends compte que l’on se retrouve dans chaque personnage :
dans l’égoïsme de Nana, dans la minauderie de Hachi, dans le sérieux de Yasu, dans la volupté de Ren et dans le mystère de Shin.
Bref, on se délecte à poursuivre un seul et même but : être heureux dans un monde qui nous appartient et qui nous guide.
On ne pourra jamais se contenter de notre vie brodée. On préfère, vaille que vaille, un endroit magique et spectaculairement évolutif : un conte mangatesque à la Nana.
Je n’ai plus qu’une chose à dire...  JE VEUX LE VOLUME 19.

Les Petits Conseils:
A feuilleter:
- Nana Artbooks premières illustrations chez Delcourt paru en octobre 2006.
A écouter:
- Olivia inspi' Reira Trapnest CD Wasabi records paru en avril 2008.
A regarder:
- Nana le film live chez Dibex paru en mai 2008.

Un article d'Angel Lou