Au Japon
, les ventes de manga génèrent chaque année 34 milliards d’euros de bénéfices partagés à 80 % entre les grands manitous de l’édition : Kôdansha, Shogakukan et Shûeisha.
Bien sûr, l’Europe n’est pas encore prêt à battre ce record mais les « mangaphiles » sont sur les starting-blocks et avancent à grand pas.

On remarque également le développement du marché des goodies ( des produits dérivés de la Japanimation) : cartes, posters, figurines, art-books, CD,...
Un marché déjà fortement encombré envahi par une déferlante asiatique ; une demi-mesure alarmante et alarmiste !
Mais que nenni...

Nous vivons dans le « manga bonheur », un havre de paix où les mangas sont pensés pour durer et captiver, où les prix sont modiques et le format pratique.
Mais (il y a toujours un « mais »), notre monde est terni, depuis le début de l’année 2008, par une hausse des prix des mangas. Bien sûr, leurs prix avaient déjà augmenté mais cela devient lassant et perturbant.
Ma bourse est touchée en plein cœur et le manga perd son statut populaire pour prendre son titre de noblesse.
Après cette constatation, notre groupe de penseurs  « manga maniaques » déballâtes joyeusement (sur les interrogations) et débattîmes gravement (sur les conséquences).

 

Je souhaiterais remercier, tout de même, certains éditeurs pour leur franchise :

>>Kana, par exemple, qui nous prévient de l’augmentation des prix de leur manga.
Il passe de 5,95 € à 6,25 €. Ce qui, finalement n'est rien en comparaison de la hausse du prix du pétrole.
Et notons que le prix est aussi justifié par la qualité : les publications sont nettement plus belles qu’autrefois.
Les jaquettes, la qualité du papier et les traductions restent très agréables.
Rappelons que le manga est une passion et chaque passion a son prix. On peut argumenter de cette manière : le prix est un critère de qualité.
Mais un prix plus élevé est-il un gage de qualité ?

Soit...  les éditeurs pullulent de toute part car la demande est massive donc les éditions japonaises profitent en augmentant le prix des licences.
Tous les éditeurs profitent de ce succès grandissant et après tout, c'est ainsi qu'évolue le marché, mais ne testent-ils pas un peu notre seuil de tolérance?

>> On paye jusqu’à 9,00 € de très bons mangas et même 15,00 € pour des éditions de luxe.
La tendance est là : après qu’une série ait crevé le plafond puis perdu son public, elle revient en force en version « grand de luxe » avec 50% d’augmentation de prix. On peut citer : Cat’s Eyes, I’s, Angel Sanctuary, X... etc.

Nous supportons toutes les folies des éditeurs car qui dit folie, dit plus de séries. Mais des « parasites » en masse rentrent dans les rayons manga. Les mangavores dévorent certes avec qualité, mais non avec stupidité.
« N’est stupide que la stupidité! » comme disait la mère de Forest...

C'est à se demander si parfois les éditeurs lisent leurs mangas et s'ils ne les sélectionnent pas en fonction de leur popularité au Japon. 
En bons européens et francophones, nous n'avons pas les mêmes attentes qu'un japonais. Bien sûr, Death Note fût un succès incroyable. Je ne jette pas la pierre au business mais il a, selon moi, ses limites, et trop de risques d'abus subsistent et pourraient même finir par assassiner un best-seller.

Selon une étude concernant les ventes de mangas, 1 428 nouveaux mangas, manhwas (bande dessinée coréenne) et manhuas (bande dessinée chinoise) ont été traduit en 2007.

Neuf séries (publiés chez 4 éditeurs) assurent plus de la moitié des ventes dans leur globalité.
Naruto représente à lui-seul 19 % des parts de marché en volume, soit 5 millions d’exemplaires vendus.
One piece : 5 % du marché,
Fullmetal Alchemist : 4 %,
Samurai Deeper Kyo : 3 %,
Fruits basket : 3 %,
Death Note : 3 %,
Bleach: 2%,
Et Detective Conan: 2 %.



D’après Ipsos, 7 éditeurs tiennent le marché en main: Kana, Glénat, Delcourt/Akata/Tonkam, Pika, Kurokawa, Panini et Soleil.
Nous possédons une multitude d’éditeurs dans le monde du manga. A rajouter à la liste : Asuka, Génération comics, Kami, Taifu Comics, Casterman,.....


Donc, une augmentation générale :

  • plus de séries traduites et publiées
  • plus d’éditeurs
  • plus de lecteurs
  • plus de produits dérivés
  • plus d’animes
  • plus d’expositions et autres célébrations
  • plus de qualité
  • Et, effectivement ... UN PRIX PLUS ÉLEVÉ !

Je ne crache jamais sur la compétence et le travail des différents éditeurs. Grâce à leur audace et à leur courage, les fans de tous âges vibrent chaque semaine devant des étalages garnis.

Ces derniers ouvrent et ouvriront encore et encore leurs portefeuilles pour satisfaire une certaine curiosité. Nous aurions tort de nous plaindre car cette hausse des prix est justifiée. Nous n’avons jamais subi d’augmentation spectaculaire (du moins si l'on compare avec les produits qui font actuellement débat).

Alors, ami lecteur, si l’argent manque à l’appel, tu peux toujours te rabattre sur un manga café (très rare malheureusement) ou sur des manga d’occasion.
Sois en certain, tu trouveras toujours un moyen d'épancher ta soif d’histoires en tous genres.

Par pitié, Mesdames et Messieurs les éditeurs, ne tuez pas la poule aux oeufs d’or en plumant ses petits.

Source : livres Hebdo/Ipsos-bilan bd 2007

Un article d'Angel Lou