Elle se lance dans une nouvelle aventure fantastique se déroulant, cette fois-ci, dans le Japon contemporain. Ayashi no ceres lui permet d’affiner sa recherche sur les personnalités ambivalentes, les relations, les motivations des héros et aussi l’approche de la vérité.


Cette série lui permet également d’approfondir sa technique de dessin et la mise en espace, ce qui la démarquera des autres auteurs de shôjo.
Sa renommée internationale tient à la fraîcheur et la fragilité de ses histoires. Ses héros et ses personnages secondaires possèdent un charisme démesuré et une sensibilité convaincante qui apportent une gravité pour éviter le côté caricatural.

Dans un monde éclectique, Yuu Watase nous empêche de détester les héroïnes. Car ces romances tragi-comiques pourraient nous faire frémir d’horreur à base de miel. Pourtant, ces jeunes filles au ton acide, aux esprits parfois grotesques et aux réactions en chaîne, nous montrent notre réalité blasée.
Une vie de déchirement qui fait que nous sommes des êtres capables de volonté et de courage. Nous possédons comme ces héros une rigueur morale, une capacité à se dépasser, un sens de l’honneur : des amalgames recherchés et refusés.

Le shôjo surfe sur la vague de la perfection, une perfection élevé au rang d’art.
Il ne faut pas chercher plus loin que le bout de son nez : le manga est une occasion de se tourner vers le beau pour prouver la différence d’avec le lecteur.
Ce que nous aimons chez Yuu Watase:
Une mise en avant des personnalités et des valeurs et une mise en avant de nous-mêmes à travers le rêve.

Stop ! Je commence à partir dans les méandres du pays du monde flottant (celui avec un drapeau blanc et un rond rouge).
Bref, la devise de cette mangaka pourrait être : l’union des différences fait la force car tous ses personnages qu’ils soient "blancs" ou "noirs" recherchent un idéal commun et approuvent les sentiments sans honte.
Du shôjo à l’état brut, le tout agrémenté d’humour pas si brut que ça.


L’humour  watasien

Yuu Watase surplombe ses shôjos  d’humour. Car quand il n’y a pas d’actions et de magies, Watase se base sur le comique. Et elle arrive à inclure des passages comiques dans des moments en apparence dramatiques.
Donc, elle nous transmet une palette de sentiments contradictoires, elle manipule l’humour, le drame, des sujets sombres et de la magie.

L’humour est souvent dû à la maladresse et à la naïveté des personnages. Ceci apporte de la fraîcheur pour détendre l’atmosphère en saupoudrant du sucré dans une saveur acidulée.
Elle a aussi l’art d’intégrer des scènes SD (super deformed) lors de ses passages humoristiques qui les rendent plus vivants.





Voici la liste des oeuvres les plus connus de Yuu Watase :

  • Fushigi Yugi, un jeu étrange 1992-1996
  • Ayashi no ceres, la légende de la nymphe céleste 1996-1999
  • Appare Jipangu 1998
  • Imadoki 2000
  • Alice 19 th 2001-2003
  • Lui ou rien ! 2003
  • Fushigi Yugi, la légende de gembu  2003
  • Contes d’adolescence


La sauce watasienne

J’ai choisi de vous parler du manga « Lui ou rien » car je pense que les articles et les critiques sur « Fushigi Yugi » ou sur « Ayashi no ceres » sont assez nombreuses.


La couverture de ce manga nous montre bien à quel saint se vouer... ou à quel bellâtre enrubanné.
Alors lui ou rien ?
Je n’ai qu’un mot à hurler « Luiiiii ! »

Riiko
est déprimée à cause d’un chagrin d’amour. Elle rencontre un curieux vendeur qui lui demande ce qu’elle désire. Un copain !
Elle regarde alors le site qu’il lui indique et découvre qu’on y vend « l’amoureux idéal »... qui est une poupée. Elle passe commande sans trop réfléchir et voilà qu’on lui livre une grande boîte, d’où surgit un beau simple dans le plus simple appareil !
Mais est-il vraiment une poupée ?
Je dirais même plus, une poupée et une marchandise.
L’homme est réduit à cet état de condiment près à être jeté au barbecue. Yuu Watase, le génie du rêve, creuse dans le vide. Elle raconte une simple romance qui se survole et glisse sur les ailes de l’amour.
Son réel but dans ce manga est de divertir, à tel point qu’elle abandonne assez vite les personnages secondaires.
Son histoire est basée sur le couple Night et Riiko enjolivé par le fantasme de l’esclave ( un mélange qui nous rappelle Chobits ou Vidéo girl Aï).

Mais rien ne détourne Yuu Watase de son chemin shôjo-magique, ces personnages respirent l’amour avec un grand « A », la compassion avec grand « Courage » et l’envie avec un grand « X ».
La mangaka n’a peur de rien, même pas de « Lui »...


Les hommes traînent la patte et l’évolution de la femme monte d’un étage. .
Elle ne chante pas : « Un jour, mon prince viendra... » mais « Je vais aller le chercher vite fait et en prendre un deuxième au passage » car ces héroïnes agaçantes de simplicité sont entourées de plusieurs princes.
Pourquoi un seul ? Deux, c’est mieux.
Le choix permet une mise en abyme, le dilemme douteux et impitoyable. Un rythme qui apporte au shôjo un contre-sens intéressant en essayant de voir au-delà des apparences. Le cœur n’écoute pas le cerveau et vice-versa.





Je tombe perpétuellement en pâmoison devant l’audace et la sagacité de cette mangaka.
Elle traite chaque mythe comme une réalité, un éventail de fantasmes pour les personnes de tous âges et tous sexes.
Yuu Watase nous comble de rêve et de possibilité.
Chacun à son chemin mais il faut, parfois, se mouiller les ailes et plonger dans le grand bain que l’on nomme : la vie.

Un article d'Angel Lou