Pour les plus puritains qui n’auraient pas encore compris, le yaoi narre les relations amoureuses et sexuelles entre des personnages masculins.
Des appendices exposés sans tabou marquent le départ du nippon fripon. Des histoires d’hommes dessinées par des femmes pour des lectrices déchaînées et enchaînées dans le Boy’s Love.
Cette forme de manga transpose des relations homosexuelles de façon amateur (dôjinshi), innocente (shonen-ai), perverse (shota) ou érotique (yaoi).
Nous nous contenterons de l’érotisme et avancerons sur le fil de l’impudeur et de l’impudence.

Le yaoi est une nouvelle perception de la séduction, des changements thématiques qui bouleversent le social. Des ébats lucides qui étalent le beau, la tendresse, le romantisme. Des garçons qui se battent pour s’aimer librement, une maturité qui ne milite pas.
Le mot « yaoi » ne signifie pas pour autant « homosexualité ».
Ce genre se définit à juste mesure, il s’agit d’un état d’esprit et d’un choix de lecture. Pas de polémique ni de transposition. Les lecteurs s’installent simplement dans un genre qui conte un amour épanouissant et sans mièvrerie.

Il s’agit d’une évolution logique des genres, le yaoi ,écrit par les femmes, touche les femmes, grâce aux hommes, dans un monde d’hommes. Une diversité de relations attaque le monde du manga et cet univers s’affirme pleinement. Il ose le tout comme le rien, la confrontation comme le retrait, le dominant comme le dominé. Le manga yaoi s’exporte de manière offensive. Une transgression consciente qui pousse le vice dans nos chambrés.
Mais où sont nos valeurs ? Nous osons lire une offense aux traditions !! Le tabou rentre dans nos bibliothèques. Amen !


Enfin une vision féminine de la société masculine qui lutte, le temps d’une série, contre...  rien du tout ! Pourquoi autant de tergiversation ?
Nous ne sommes pas nés dans un moule, pourtant la société cuisine nos idées.  J’accuse ! Le yaoi n’est pas un acte de rébellion. Un genre n’est pas un outrage. Je lis donc je suis.

Amant aimant

Le manga « Gravitation » de Maki Murakami fait couler beaucoup d’encre.
Une polémique se répand : yaoi ou shonen ai ( relation homosexuelle sans description des faits) ?

Au Japon, ce manga est considéré comme un véritable yaoi mélangeant habillement l’humour à la romance. Son originalité entraîne de l’imprévu, du suspense et de l’autodérision.
Ce manga prétexte le show-biz musical pour engouffrer ces personnages dans une attraction perpétuelle des corps.

Le sexe est viril et dominateur et cette puissance, assez cliché, frise le ridicule. Mais cette apparence cache des personnages charismatiques et une histoire recherchée.


Une rencontre inattendue
Shuîchi Shindô, lycéen de 17 ans, a formé un groupe de musique « Bad Luck » avec son meilleur ami Hiro. Ils souhaitent participer à un concours de musique. Mais Shuîchi a beaucoup de mal à composer une chanson.
En rentrant chez lui, il rencontre Yuki, un homme énigmatique, qui critique les paroles de sa chanson. Shuîchi décide de retrouver cet homme étrange.




Même si les couvertures de ce manga ne tiennent pas la distance, la qualité du dessin est irréprochable et progressive. Les personnages possèdent des caractères distincts passant du tonique et excité Shuîchi au froid et austère Yuki. Les personnages secondaires ne restent pas stoïques dans cette gravitation permanente, le désinvolte Hiro flegme avec panache.

Des apparences ambiguës où l’amour ne se commandent pas, où « la gravitation est plus forte que le destin. »




Peu d’éditeurs franchissent le petit pont entre shonen ai et yaoi. Nous comptons 5 mangas de ce genre dans notre collection : New York New York, Zetsuai, Combination, Fake et Kisuna. La plupart des fans du genre puisent sur Internet pour assouvir leur faim de faits sexuellement répréhensibles. Mais le yaoi crève le plafond depuis plus ou moins un an. Ces beaux mâles en mal de mâles nous consument de romantisme et d’amour puissant.


Les shôjoistes se régalent de tendresse mature et d’humour caméléon. Le yaoi propose un thème violent, dur et dérangeant mais les désirs évoluent, les ébats s’étalent et les débats débarquent.

Sources : Vignette de l'article >> Nine

Un article par Angel Lou