Risa
, une grande bringue, et Otani, un nabot, sont les comiques involontaires de leur lycée à cause de leur taille et de leurs disputes légendaires. Ils sont d’ailleurs comparés à un duo comique japonais : les « All Hanshin Kyojin ».
Tous deux sont complexés et ils ont peur de ne jamais trouver l’amour.
Mais un jour, Otani propose à Risa de s’entraider : il l’aide à séduire le grand et beau Suzuki, si elle accepte de lui présenter sa meilleure amie, la calme et jolie Chiharu.

  • Risa Koizumi : Elle mesure 1m72, sa taille est au-dessus de la moyenne des filles de son âge. Son nom (ironique) signifie « peu de ressort ». Risa est impulsive et têtue.
  • Atsushi Otani : C’est un garçon très populaire grâce à son poste dans l’équipe de basketball pourtant il est très petit, il mesure 1m56. Otani signifie « grande vallée ». Il est très irréfléchi mais attentif au bien-être de ses amis.
  • Nobuko Ishihara : C’est une fille dévouée mais un peu agressive. C’est la meilleure amie de Koizumi et Chiharu. Elle sort avec Nakao.
  • Heikichi Nakao : C’est un garçon mignon et très gentil. Il est toujours prêt à consoler Otani en lui donnant de précieux conseils.
  • Chiharu Tanaka : C’est une jeune fille timide et allergique aux garçons. Elle ne se sent bien qu’avec ses amies mais elle se sent aussi détendue auprès d’Otani à cause de sa petite taille. Elle a le béguin pour Suzuki.
  • Ryouji Suzuki : On connaît peu de choses sur ce garçon. Il est amoureux de Chiharu. Il est très présent mais discret.


A première vue, Lovely complex réunit les ingrédients classiques du shôjo
A savoir : un garçon, une fille, des amis et plusieurs possibilités.

A travers un jeu sans fin du chat et de la souris, nos deux héros vont :
- ne pas pouvoir se voir en peinture
- devenir amis puis confidents
- se comprendre
- connaître un amour
- plaquer leur amitié
- accepter leur amour
- redevenir amis
- s’éloigner
- etc...

Les aléas de la vie sont presque tous exploités et font de ce manga « le best of shôjo lycéen. »
La clé de ce succès ? L’humour qui se transforme en dérision et le thème du complexe simple mais efficace.

Avec ce thème, Lovely complex s’impose comme le manga sur la tolérance et l’acceptation de soi. Les héros doivent apprendre à s’accepter tels qu’ils sont.
Leur complexe sera la cause de la plupart de leurs soucis.
Bien entendu, d’autres personnages viendront compléter cette réflexion mais la force de ce manga est que l’auteur n’alourdit jamais son propos.
C’est avec humour et simplicité que la mangaka essaie de faire passer son message.

Pourtant, certains clichés demeurent. Les obstacles posés sur la route des complexes proviennent du shôjo classique et usée.
 De plus, les personnages secondaires sont carrément plongés au troisième plan.

Cependant, il s’agit du premier manga qui traite du complexe de la taille avec une vision caricaturale.
Ce problème se complète d’une idée peu représentative du shôjo : la jeune lycéenne amoureuse court après le garçon indécis.
Risa ne se gêne pas pour crier des sentiments honteux.
Elle saute au-dessus de la différence, elle parcoure une allée de complexes, elle se lance à travers les compromis, elle touche le cœur d’un homme qui ne la perçoit pas comme une femme. Pour une fois, l’obstacle ne vient pas d’un défaut, d’un ex, d’une famille ou d’une rumeur mais d’un sentiment qui ne se transforme pas.
Une amie qui ne s’impose pas en tant que femme, un ami qui apprécie cette situation ambiguë, un couple qui ne se forme que par défaut.
La question qui ne revient jamais dans les mangas : peut-on devenir amoureux de notre meilleure amie ?

Ce manga est, d’abord, un condensé de bonne humeur.
L’héroïne, Risa, ne se laisse pas abattre, mais comme toutes les adolescentes, elle doute de ses capacités.
De l’autre côté, loin des clichés habituels du shôjo, le héros, Otani est hésitant et son côté psychologique est incroyablement logique. Lorsqu’il trouve enfin l’amour, il ne devient toujours pas sûr de lui.
C’est avec précaution, que Risa et Otani avanceront et deviendront chacun des « adultes ».

Les personnages secondaires sont peu présents : travesti, prof excentrique,... Cependant, ils colorent les différents tomes. Le nombre assez faible de protagonistes secondaires permet de connaître leurs propres histoires et de cerner leurs personnalités assez riches.
Les loufoqueries sont omniprésentes, les expressions faciales et déformées de Risa sont hilarantes. La mangaka ne se prend pas au sérieux et déforme les situations trop fleur bleue pour éviter de tomber dans la niaiserie.

Son trait est fin, les personnages sont à la mode, l’esthétique de ce manga est très pop-art surtout sur les couvertures et les illustrations en couleurs. A l’image de son scénario, la mise en scène des moments comiques est dessinée à la perfection.

Le complexe casse la ligne entre l’immensité et la petitesse d’une oeuvre à contre-sens.
L’amour enveloppe le défaut de beauté. Tout ce qui est petit est mignon et Risa enlace Otani de bonheur titanesque.
Otani touchera les hauteurs, Risa rehaussera les bassesses, l’amour triomphera du complexe.
L’atout de séduction : l’optimisme. Et l’humour abusera le temps car le gigantisme cesse quand le minuscule le rattrape.
Un complexe monumental parade dans la vague manga.
Le défaut ne fait pas le moine mais un complexe sur mesure fabrique des sentiments.


Un article de Angel Lou