Drama: Le manga s'anime en chair et en os
Par samanga le lundi 23 juin 2008, 16:17 - Actualités - Lien permanent
En matière de manga, on parle de drama (prononcez « dorama ») pour évoquer une série télévisée asiatique. Précisément, un drama japonais est nommé J-Drama.
Ceux-ci touchent tous les genres et toutes les cibles. Ils sont diffusés selon une grille horaire déterminée par leur thème et leur public. Contrairement aux européens baignant dans les rituels télévisuels, les Japonais suivent ces séries de manière sporadiques. Les dramas atteignent un public âgé le matin, un public très jeune l’après-midi et un public adolescent après 22h00.
Les fans de manga découvrent un concept révolutionnant les programmes télévisés et les idées !!!
J'ai décidé de mener l'enquête pour vous...
Les dramas sont limités dans le temps.
Ils se composent généralement d’une dizaine d’épisodes de 45 minutes. Ce système aide à la fidélité : les spectateurs savent que leur série prendra fin rapidement. Il existe plusieurs sortes de dramas possédant des titres précis car les Japonais adorent l’ordre et la discipline même dans la culture télévisée.
Les thèmes varient en fonction de leur diffusion : amour, enquête policière, fantastique, comédie, mélodrame, horreur,...
Les Trendy drama sont très populaires. Leur histoire doit faire référence au quotidien des japonais.
Ainsi, le spectateur s’identifie à un des personnages. Le choix des acteurs est primordial et il détermine le succès du drama. Ils aident à la découverte des dernières idoles du moment. Les dramas sont quelquefois des adaptations de manga ou d’animes. Les réalisateurs les choisissent surtout en fonction de leur popularité.
Je me suis penchée sur le drama « Hana Yori Dango ».
J’ai testé, j’ai apprécié et... je suis tombée de ma chaise.
Tout d’abord, il s’agit d’un shôjo signé Yoko Kamio qui comptera au final 36 volumes.
Le titre est un jeu de mot sur le proverbe japonais « des boulettes de riz plutôt que des fleurs ». L'explication réside dans le fait que les gens préfèrent le côté utile (les boulettes) à l’esthétique des choses (les fleurs). Dans le titre du manga : « dango », qui se lit habituellement « danshi », veut dire le jeune homme.
Tsukushi Makino a 16 ans, ses parents se sont sacrifiés pour l’envoyer à Eitoku, l’école privée par excellence, dans l’espoir de récolter un gendre riche.
Effectivement, dans ce lycée, on y retrouve les jeunes les plus riches du pays. Très vite, Tsukushi va se heurter à une bande de 4 garçons que l’on surnomme le F4 (= Flowers Four= les 4 fleurs).
Ces derniers font régner la terreur en attribuant des cartons rouges aux élèves qui ne leur plaisent pas. Tsukushi reçoit ce fameux carton rouge et se fait persécuter. Mais elle décide de tenir tête et déclare la guerre au F4 et tout particulièrement au chef du groupe : Tsukasa Dômyôji.
Pendant plus de 10 ans, les lectrices japonaises auront vibré en suivant les aventures scolaires et sentimentales de Tsukushi « la mauvaise herbe ». Car, Tsukushi a du mal à se mettre dans la tête que le monde autour d’elle n’est pas à son image : sincérité et honnêteté.
Son lycée représente l’inverse : le culte du pouvoir et de l’argent, les manipulations, la domination, les trahisons, l’ivresse de la beauté. Mais Tsukushi ne possèdent pas les qualités requises pour trouver sa place dans ce milieu.
Par contre, c’est « une grande gueule » avec un sacré caractère. Tsukushi applique la méthode action-réaction : on la frappe, elle rend le coup au centuple, ce qui lui vaudra l’inimitié du F4.
Sa force réside dans sa capacité à rebondir, quand elle est au plus bas « tomber sept fois, toujours se relever huit fois » semble être sa devise.
On pourrait reprocher le côté un peu manichéen du manga mais les rapports entre les personnages, derrière le côté classique du shôjo, sont décrits avec de la finesse et de la complexité.
On apprécie de voir une fille moyenne ressemblant à n’importe qui, se battre pour ses convictions.
C’est une comédie romantique qui ne se prend pas au sérieux et qui joue même avec les clichés du genre en montrant un peu les travers de la société japonaise (ijime, pouvoir de l’argent,...) sans se montrer moralisateur et caricatural pour autant.
Le F4 : Princes du lycée Eitoku.
Le nom de F4 signifie Flower Boy car se sont les plus beaux garçons et surtout les plus Riches !!
Dômyôji Tsukasa, l'héritier du groupe financier Dômyôji et le chef du F4. Fils et héritier d'une GROSSE fortune!
Sa famille possède plusieurs relations dans le monde des affaires et de l'importation. Il est arrogant, sûr de lui et se croit irrésistible. Il semble, plutôt, irresponsable, pathétique et imbu de lui-même.
Tsukushi se moque ouvertement de ses défauts, de son argent et de son pouvoir, n’hésitant pas à lui mettre une raclée devant tout le monde.
Il se tisse entre eux une relation ambiguë, entre haine et amour, domination et soumission, violence et tendresse, où le respect et la découverte de l’autre les font évoluer.
Hanazawa Rui est l'héritier de la 1èr ou 2ème plus grande compagnie de commerce du monde.
Personnage un peu fade, vide et mono-expressif mais il instaure un rapport particulier avec la jeune fille. Il la défend ou l’ignore complètement : on ne sait pas trop ce qu’il pense d’elle.Il rêve d’une autre fille, proche tout en étant inaccessible, une fille à l’opposé de Tsukushi.
Cependant, celle-ci l’influencera, en l’obligeant à agir, quitte à se planter pour avoir l’impression d’être vivant.
Nishikado Sôjirô, héritier d'une grande école japonaise de cérémonie de thé. Celui qu'on dit e plus espiègle du F4. C'est lui qui prendra la place du leader des F4 en l'absence de Tsukasa. C’est un play-boy mais au cœur romantique.
Akira Mimasaka est le "Monsieur Killer", il préfère les femmes plus âgées. La rumeur dit que son père est une figure de proue du monde de l'ombre du Japon. Il devrait être le plus effrayant du F4, mais il joue le rôle de médiateur au sein de ce groupe de têtes brûlées.
Bref, les F4 incarnent à merveille le dicton japonais qui dit "taper sur le clou qui dépasse".
En clair: détruire celui ou celle qui ne rentre pas dans le moule prédéfini par la société. Et évidemment, ce clou est la jeune Tsukushi.
Le drama comprend 2 saisons : la première compte 9 épisodes et la seconde en compte 11.
L’ensemble est rondement mené par les codes du drama japonais et Hana yori dango s’assume parfaitement en tant que tel.
On se prend vite aux jeux des personnages grâce à son scénario solide et les interprétations réussies.
Le casting et la photographie participent parfaitement à la crédibilité de l’ensemble qui arrive à effacer des passages totalement ridicules.
- Inoue Mao dépeint une Tsukushi plus fragile que dans le manga mais elle équilibre superbement le personnage.
- Matsumoto Jun joue Dômyôji qui présente un vrai rôle de composition. Sa beauté se place au second plan et le spectateur admire sa justesse impeccable et son aplomb impressionnant.
La réalisation rythmée et pondérée équivaut à une méga-super production américaine.
La bande-son instrumentale ressemble étrangement à celle du film « Harry Potter ». Un mélange curieux qui impose une ligne de conduite mélodramatique.
Malgré un humour omniprésent, le thème de l’ijime est récurrent. Ce phénomène est courant dans les écoles japonaises (sans toutefois le généraliser) : un ou une élève est le sujet de rejet d’une partie ou de toute la classe. Ce rejet est souvent accompagné de brimades, de calomnies, de vols et de violences. L’élève est seul contre tous car les autres élèves n’osent pas s’interposer de peur de se retrouver dans la même position que la victime. Parfois, ces élèves se sentent obliger de brimer l’ijimé pour que l’on ne croie pas qu’ils ont de la sympathie envers lui.
L’autre thème abordé est celui de la différence de milieu social. Le drama ne dramatise pas, il affirme et explique les différences avec parcimonie. Les mimiques des acteurs et les interprétations marquantes apportent du léger dans le lourd thème de la différence de caste. Les dramas sont souvent sur-joués et irréalistes mais cette interprétation vise à la dédramatisation des faits.

Le drama : on aime ou on n’aime pas !
La fan manga devient la« fan trendy ».
Mes personnages fétiches se retrouvent plongés dans le monde réel. La « dramaniaque » me propulse dans un univers de chair et de sang propre au Japon que j’affectionne. L’irréalisme se pend au crochet du plaisir détourné par le réalisme recherché.
Choisir entre le rêve et la réalisation du rêve. Je choisis les deux.
Prochaine étape : le drama « Lovely Complex » et « Kimi wa pet ».
J’attends que le drama m’attise et qu’il élargisse ma vision télé-distributive. En effet, je distribue ma perception du manga à travers des mots et les Japonais distribuent leur conception à coup de dérivation. Nous profitons de cette envolée de gribouillis transposés en espérant que l’exportation grandira autant que nos drama-tisantes envies.
Source: Wiképédia et Animeland HS n°10
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