Manga "Comme elles": Elles sont nous !
Par samanga le lundi 30 juin 2008, 15:50 - Oeuvres - Lien permanent
Elle & elle entretiennent une relation complexe. Elle & elle se lient par de l’amitié haineuse.
Elle & elle traversent la période difficile de l’adolescence.
Elle & elle se cherchent.
Elle & elle trouvent l’amour.
Elle & elle enchaînent les erreurs.
Elle & elle sont deux lycéennes, deux meilleures amies, deux rivales, deux filles, deux futures femmes, deux personnes simples qui attendent le bonheur.
Ouvrons les pages d’une oeuvre de Fujisue Sakura qui aide à la découverte de soi et de l’autre.
Elle, Kanori, blonde, introvertie et blasée et elle, Kazumi, brune, extravertie et rêveuse sont deux filles déterminées cachant une fragilité démesurée. Kazumi aborde Kanori le jour de la rentrée des classes. Elles sympathisent rapidement et participent à une soirée de rencontres entre lycéens. Kanori y croise Kôta et Kazumi cède à Ena.
Leurs relations amoureuses naissantes vont influencer leur amitié maladroite. Cette maladresse cache une haine, une jalousie, une vision d’une vie nouvelle tracée sur le fil de la société.
L’amour est-il le tremplin du bonheur ?
Doit-on enfreindre les codes de la morale pour être libre ?
Des questions que se posent ces filles qui bondissent, sans élan, au-dessus du gouffre des sentiments.
Le manga « Comme Elles » relate le début d’une histoire d’amour dans une ambiance purement réaliste.
Surtout, la mangaka s’attarde sur la vision de l’homme au début de cette relation.
Le scénario ne tombe pas dans le mélo-dramatique mais dans une « aventure » de la vie émouvante et troublante. Car cette réalité toute nue est décrite de manière évolutive ni positive, ni négative.
Une sorte de récit initiatique qui suit l’évolution de lycéennes vers l’âge adulte.
Pas de conte de fée, pas de triangle amoureux, pas de faux-semblant mais des non-dits, des doutes, des peurs, des élans du cœur, des responsabilités : des tranches de vie sans intrigues qui manifestent le désir de savourer les petits moments de bonheur que nous offrent la vie.
L’amitié est faussée par la colère et l’amertume des « héroïnes ».

Planche extraite du manga Comme Elles
Le désir de ne ressembler à personne ou le besoin de ressembler à tout le monde : des envies qui se trahissent et se contredisent. Elles cherchent à se construire malgré les absences de relations constructives. Elles explorent leur sexualité, elles s’amourachent de l’un pour découvrir qu’il ne vaut pas mieux que l’autre. Pourtant, leurs premières histoires d’amour avec Kôta et Ena les entraînent malgré elles vers la « vie rêvée des anges ».
Fujisue Sakura est une figure montante du shôjo. Elle commence sa carrière par des histoires courtes (un genre dans lequel elle excelle) et elle finit par se faire remarquer en 2004 quand elle commence le manga« Comme elles » dans le magazine « Cookie ».
Ce manga comprend, pour le moment, neuf volumes au Japon.

Couvertures japonaises du manga Comme Elles

Comme Elles en couverture de Cookie, LE mag manga au Japon
Cette mangaka est devenue une égérie du manga pour femmes en racontant des histoires ancrées dans un quotidien doux et amer.

Elle montre des héroïnes en quête de sexualité, elle stigmatise les doutes de la jeunesse moderne.
Une mangaka de la nouvelle génération qui tente de comprendre ces personnages traversant des moments d’espoir, de passion, de tristesse ou de plaisir.
Un hommage à la sensibilité féminine, aux aspirations de la liberté qui ne transgressent pas l’éthique.
Ce manga est un mixe entre le shôjo, le josei et le shônen en narrant des évènements tabous, des révoltes par rapport à la violence du monde.
La mangaka nous démontre la rudesse de la nature humaine par des moments agressifs comme le viol, la domination psychologique, la vengeance,...

Les héroïnes sont frustrées à cause de cette non-communication, des relations qui jouent sur les caractères.
Ces corrélations engendrent une double face de la personnalité provoquant des actes incompréhensibles mais... humains.
La culpabilité s’installe et les deux jeunes filles préfèrent vivre leurs histoires d’amour chacune à leur manière.
Kanori vit une histoire très banale avec Kôta.
Elle découvre de nouveaux sentiments et elle apprend à construire un lien avec ce petit ami parfait. Elle casse sa carapace de verre en ouvrant son cœur à un garçon qui, lui aussi, traverse la période de l’adolescence.
Kazumi vit une histoire douloureuse avec Ena. Elle se complet dans une relation sans lendemain qui la poussera à commettre des erreurs irréparables.
Sans aucune épaule sur laquelle pleurer, elle se laisse guider par son cœur trop jeune pour déjouer les tours que son petit ami lui tend.
Tantôt enjouée, tantôt triste, Kazumi aime sans compter et son évolution se heurt aux malveillances des plus mûrs.
La peur de perdre son premier amour entraîne des situations brutales et des moments d’insécurités qui nous plongent dans la nostalgie.

Fujisue Sakura peint une petite galerie de personnages qui vagabondent sur les aléas de la vie en sautant dans les différents pièges à pieds joints.
On ne jettera pas la pierre à ces « héros » qui tentent avec maladresse de pousser les obstacles en dehors de leur jardin.
Beaucoup de mangakas parviennent à s’approprier ce genre d’histoires qui submergent un large public :
- Hinako Ashihara, « Le sablier »
- Yûki Obata, « C’était nous »
- Chica Umino, « Honey and Clover »
- ...
Pourtant, l’éditeur Akata/Delcourt nous a présenté ce manga comme le nouveau “Nana”... Erreur.
Ce n’est pas parce que l’histoire commence par la présentation de deux filles qui se prénomment de manière presque semblable qu’il s’agit d’un manga similaire.
Les éditeurs jugent mal les lecteurs et les auteurs.
Car leur comparaison ne concorde pas, ce manga décrit subtilement la confusion des sentiments et explore l’intimité des personnages.
L’attachement à l’autre ne plaide pas coupable c’est-à-dire que les relations amoureuses ne déclenchent pas l’histoire mais la recherche de soi déclenche ces relations et celles-ci amènent au questionnement perpétuel : « Dis-moi qui tu es, je te dirais qui je suis ». On est bien loin de cette dépendance affective qu’expriment les deux « Nana ». La peur de l’abandon reste présente mais le manga de Fujisue Sakura est beaucoup plus conventionnel.
Aucun quiproquo ne vient détruire les jeunes filles, elles se guident seules vers le trou qui les feront chutées.
Alors, ne vous attendez pas à découvrir une copie du manga de Ai Yazawa. Nous sommes loin des ruptures tragiques, des amourettes de passage ou des problèmes de petits boulots car ce manga retrace une jeunesse pleine de maturité juvénile.
Nous étions comme elles, nous avons grandi, nous avons mûri, nous nous sommes révélées.
Comme elles, nous avons peur de construire une vie, une relation, une amitié.
Comme elles, nous sommes frustrées, perdues et fragiles.
Comme elles, nous cachons cette fragilité par de l’indifférence ou par de la compassion.
Comme elles...
Nous sommes-elles. Comme un jeu qui prône le "je".
Source: site Akata/Delcourt
Pour lire les pages du premier volume du manga "Comme Elles" : CLIQUEZ ICI
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