Le Manga: Mang'art ou Mang'out ?
Par samanga le mardi 26 août 2008, 23:15 - Actualités - Lien permanent
Nous aimons le manga. Nous vivons par la manga. Nous nous berçons d’histoires, de désillusions et de visions portées par le manga. Nous vibrons selon un pays où le soleil se lève et ne se repose jamais.
Pourtant, en savons-nous suffisamment sur cette culture. Le manga traverse t-il les mers en abandonnant ces vertus premières ?
Le manga est une culture. Le manga est un phénomène de mode. Le manga est un art.
Quel sens a t-il ? Et que représente t-il ?
A chaque génération, sa forme d’expression...
Qu’est-ce qui caractérise une oeuvre ?
Sa capacité à aller au plus près de l’existence humaine, à symboliser nos peurs et nos doutes, à exprimer nos ressemblances.
L’art abreuve le monde par de nouvelles formes d’expression et le manga à trouver sa place dans la société européenne.
Pourtant, bon nombre de personnes montrent le manga comme futile ou vulgaire. Ces jugements calomnieux se dressent sur le chemin de l’avancée de la liberté d’expression.
Nous vivons dans une époque du tout et du n’importe quoi où les attentes du public cèdent le pas sur la passion réfléchie. Le lucratif avale l’engagement. Malgré cela, le manga a fleuri, tel les cerisiers japonais, au milieu d’une fosse à purin.
Explication :
Le manga est un art narratif avant d’être un art graphique. A la manière des idéogrammes, le dessin se veut écriture, le rythme porte le graphisme grâce à un texte abondant.
Il cherche à comprendre et à véhiculer les valeurs simples de la vie en nous laissant le choix. Le choix de ne pas se laisser emporter par notre destinée.
Par la magie, le combat, l’amour, la recherche d’un idéal, la manga transporte les êtres dans un monde de phantasmes qui ne demande qu’à s’ouvrir.
Le manga est un outil simple et efficace de communication. Suivant l’évolution du héros, les lecteurs créent un engagement passionnel et personnel (différents selon les générations).
Le manga consigne l’imaginaire sous une forme pure et radicale dans des pages et des expressions extrêmes.
Le phénomène de mode se transforme en phénomène culturel. Et ce phénomène a touché intimement la mentalité d’une population, une manière ludique d’évoquer leur problèmes de la société. 
Malheureusement, le manga s’effondre. En cherchant à nous plaire, il se lasse, il s’empâte et s’exporte mal.
De nos jours, le manga est beaucoup trop consommé, décomposé, digéré et détruit.
La société de consommation se joue de notre passion. Bien sûr, nous ne regrettons pas ce temps où les sorties manga se comptaient sur les doigts de la main mais la nouvelle génération « otaku » a perdu le respect pour l’œuvre originale en perdant la notion d’influence. Le manga continue sa route en suivant le public et ses préoccupations mais le lecteur l’écoute d’une oreille et ne perçoit plus le sens premier de l’œuvre. A force de ratisser large pour ne pas perdre le cap, on a dilué la substance même de cet art.
Toujours aller plus loin, toujours aller plus vite, toujours profiter du phénomène de mode. « Et la mode se démode » mais pas le manga car cet art est d'avantage une culture du peuple qu'un mode de pensée ou de faire. Et, force est de reconnaître : chaque culture a son lot de navets et de chefs d’œuvres.
Ne traînons pas dans la boue une civilisation qui nous apporte valeurs et expression de la vie. Une vertu qui se distingue par le bien-être et par le bien-faire. Alors, fournissons-nous intelligemment en ne trébuchant pas sur le sol de la pure consommation. L’impatience tue la plus belle des connaissances.
Ici renaît le neuvième art.
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