L'allégorie du temps qui passe


Le sablier est un objet hautement symbolique
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Il est comparable à la vie d'un homme, évoquant à la fois son passé, son présent et son futur. Pour An, c'est un trésor. Il lui rappelle sa mère et par là, la valeur de la vie et son caractère éphémère. Mais c'est aussi le précieux cadeau que Daigo lui a fait. C'est grâce à lui qu'elle prendra conscience que malgré sa peine, la vie continue pour elle... même si rien ne sera jamais plus comme avant. Le sablier renferme alors la valeur inestimable du serment de Daigo d'être toujours là pour elle. Cet objet représente à la fois la douleur et la tristesse de son passé et la promesse d'un futur où elle ne sera plus jamais seule.



 

L'auteur manipule le temps au gré des souvenirs de son héroïne. Elle débute son récit par un bref aperçu du présent d'An. A l'aube d'un changement de vie, la boite aux trésors laisse échapper le précieux sablier et une vague de souvenirs submerge alors la jeune femme. Nous sommes alors propulsés plusieurs années en arrière et An nous raconte son histoire.


Ce sable qui s'écoule nous montre l'inconstance des choses et des êtres. La vie est perpétuelle évolution. An va découvrir que le temps ne peut pas s'arrêter et que les relations tout comme les gens changent. Ce thème est le fil conducteur du manga. Les personnages grandissent et leur destinée les éloigne ou les rapproche. Les saisons se succèdent comme sur les dessins des jaquettes. Les retournements de situation sont nombreux et le rythme soutenu. Le Sablier fait partie de ces mangas que l'on ne peut pas lâcher avant d'avoir lu jusqu'à la dernière page. Le suspense est tel que l'attente entre chaque sortie est un véritable supplice.


Le récit de nos propres souvenirs

Loin des visions édulcorées d'un Japon idéalisé, Hinako Ashihara nous présente une fresque réaliste de la jeunesse nipponne. Elle aborde des thèmes douloureux comme le divorce, le suicide, l'adultère et les enfants illégitimes. Pourtant elle ne tombe jamais dans l'excès. Le ton reste frais, plaisant, agréable voire même très souvent drôle. La galerie de ses personnages est si variée que l'on se sentira facilement proche de l'un d'entre eux. Tous ont leurs problèmes et une façon bien à eux d'y faire face.


La mangaka nous dépeint des héros au caractère atypique dans l'univers des shôjos. Daigo est un jeune garçon simple, généreux, plein de bon sens. Quant à An ses doutes et ses peurs nous renvoient quelques années en arrière, lorsque nous avions son âge et que nous nous posions ces mêmes questions. Comment garder intacte une relation lorsqu'on est loin de l'être cher ? Comment supporter de voir souffrir celui ou celle que l'on aime sans parvenir à l'aider ? Ces problèmes adolescents réveillent en nos mémoires une foule de souvenirs et nous laissons échapper un mince soupir nostalgique.


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L'auteur ne se contente pas de relater les premiers émois et les thématiques assez superficielles abordées dans bon nombre de shôjo. Elle n'enjolive pas non plus ces événements, elle préfère retranscrire une réalité avec laquelle elle est familière. "Cet été là... j'ai échangé un premier baiser... un peu maladroit". Elle ne s'affranchit pas pour autant des codes du shôjo mais elles les abordent sous un angle nouveau, les rendant ainsi plus accessibles.



A savoir : En 2005, Le Sablier remporta ex aequo (avec C'était nous de Yûki Obata paru aux éditions Soleil) le prix du meilleur shôjo décerné par la Shôgakukan.

  • Auteur : Hinako Ashihara
  • Editions : Kana
  • Nombre de tomes VF : 5
  • Nombre de tomes VO : 10 (série terminée)
  • Prix : 6,25€


Un article de Carolus